Le casse-tête de Marcel

J’ai deux grands-pères.

L’un est maternel, l’autre est paternel.

L’un vagabonde désormais dans les cieux, l’autre ne vagabonde plus trop sur la terre ferme.

L’un s’appelait Marcel, l’autre s’appelle Marcel.

C’est de mon grand-papa Marcel maternel céleste dont je veux parler aujourd’hui. Je veux vous le raconter un peu, même si je le connaissais au fond très peu. Je vous l’offre en huit chapitres, ou plutôt en huit morceaux : les morceaux restants d’un casse-tête dont le reste des innombrables morceaux de carton se seraient envolés au vent.

8. Marcel et les femmes

Mon grand-père a aimé quatre femmes : Julienne (elle, c’est ma grand-maman maternelle céleste), Anita (elle, c’est sa deuxième femme), Francine (elle, c’est ma maman d’amour) et la vierge Marie (elle, c’est la mère du Christ).

S’il a aimé d’autres femmes dans sa vie, elles n’avaient pas de nom. Je trouve ça bien triste, moi, les femmes sans nom.

Des quatre femmes, je ne sais laquelle il a aimée le plus fort, il ne me l’a jamais dit, je pense même qu’il a emporté ce secret sentimental dans sa tombe. Dans le ciel, si vous préférez.

7. Marcel et le travail

Mon grand-père était vaillant. Il a travaillé toute sa vie, pour ne pas dire jusqu’à sa mort. Il travaillait même quand il ne travaillait pas.

Mon grand-père, c’était un manuel, un manuel qui avait bon cœur. Quand ses mains l’ont lâché, bien avant qu’il ne lâche prise sur ses mains, il s’est mis à travailler avec son bon cœur. Il a travaillé comme brigadier scolaire jusqu’à ce que son cœur le lâche à son tour.

Je suis persuadée que mon grand-père travaille dans le ciel. Avec ses mains et son cœur.

6. Marcel et l’alcool

Je pense que mon grand-père a bu trop d’alcool dans sa vie. L’alcool, quand il y en a trop, ça laisse toutes sortes de traces un peu partout. C’est comme les femmes sans nom, c’est bien triste.

5. Le dépanneur de Marcel

Mon grand-père a eu un dépanneur pendant quelques temps. Et moi j’ai eu le grand-père le plus cool de la planète pendant ces quelques temps.

Quand on le visitait, je rêvais de dormir dans son dépanneur, juste en face du comptoir à bonbons. Je le dévisageais, ce comptoir, je l’épiais, je l’analysais. Timide, je ne demandais jamais de bonbons, j’attendais qu’on m’en offre, mais que les choses soient claires : on ne m’en a jamais offert assez, jamais assez pour gâcher mon souper, jamais assez pour rassasier mes rêves sucrés.

Quand mon grand-père a eu l’ignoble idée de vendre ce dépanneur, j’ai cru mourir. Je lui en ai longtemps voulu, je pense même avoir oublié de lui pardonner.

4. Marcel et le prince de perse

Je perçois mon grand-père comme un être routinier qui n’aimait ni le changement ni la différence. Pourtant, il a accueilli à bras grand ouverts le prince de perse quand il est entré sans frapper dans son univers clos. Il a su reconnaître le pareil dans l’exotique, percevoir le cœur semblable au travers de l’emballage différent, serrer une main également agile et bronzée, déceler le soi dans l’autre.

Une amitié improbable est née entre un prince exilé et un homme simple. Cette amitié fut filante comme une étoile, mais elle a laissé toutes sortes de traces un peu partout. De bonnes traces.

3. Marcel et le petit roi

Mon grand-père a espéré le petit roi. Malheureusement, quand le petit roi s’est pointé en retard au rendez-vous manqué, mon grand-père avait déjà filé.

Tout le monde dit que mon grand-père aurait adoré le petit roi. Il aurait utilisé ses mains et son cœur pour le chérir. Il aurait admiré sa descendance avec de l’admiration sans bornes et des larmes auraient sûrement jailli de ses yeux fatigués en laissant des traces mouillées sur ses joues rosacées.

C’est bien triste, les rendez-vous manqués.

2. Marcel et le don

Mon grand-père n’avait rien et donnait tout. Il aimait donner pour rendre tangible la bonté de son cœur.

Il donnait des objets horribles et inutiles dont on ne savait que faire. Il donnait sans cesse bien qu’on le suppliait sans cesse de cesser de tant donner.

Il a fait à sa tête et cela me comble de fierté. Donner, c’est bien. Vouloir empêcher de donner, c’est égoïste. Donner, ça laisse de jolies traces dans le sillon de la vie. Vouloir empêcher de donner, ça ne laisse pas de traces, ça ne fait rien du tout, ni pour soi, ni pour l’autre, ni pour personne.

1. Marcel et le pain

Mon grand-père mangeait du pain à tous les repas. Du bon pain blanc en tranches. Là où je veux en venir, c’est qu’il accompagnait toujours ses tranches molles et aérées de mélasse. Mélasse et cigares au chou, mélasse et spaghetti à la viande, mélasse et pâté chinois! Et il s’exécutait à la table familiale comme si de rien n’était, comme si ce geste sucré était d’une normalité incontestable.

Moi, je ne suis pas manuelle, je suis intello. Je ne suis pas vaillante, sauf quand ça fait mon affaire. Je n’aime ni les femmes, ni l’alcool. Je donne peu et je ne mange plus de bonbons. J’adore les tartines à la mélasse et le sucré-salé, mais je m’impose les limites de la normalité (enfin, quand j’en suis capable).

Voici des tartines à la mélasse revampées. Tellement revampées que vous ne les reconnaîtrez pas. À la fois moelleuses et croquantes, elles sont sucrées tout en douceur, comme des caresses de grand-papa. Quand je dis “comme des caresses de grand-papa”, je fais de la poésie pure parce que moi, je préfère les caresses de prince de perse et de petit roi. Mais ça personne n’a besoin de le savoir.

tartines à la ricotta et aux abricots (imprimer)

recette inspirée par joy the baker

1/2 baguette

enduit à cuisson

6 abricots, dénoyautés et coupés en 2

sucre brut, au goût

1/3 tasse de ricotta fraîche

1 c. à soupe de miel

1 poignée de noisettes, hachées et grillées

Préchauffer le four à broil et allumer le barbecue.

Trancher la demi-baguette en 6 croûtons. Vaporiser les 2 côtés de chaque croûton avec l’enduit à cuisson. Griller sur le barbecue 1 à 2 minutes de chaque côté. Réserver.

Mettre les abricots sur une plaque à cuisson recouverte d’un papier parchemin et les saupoudrer de sucre brut. Enfourner jusqu’à ce que les abricots soient bien grillés, environ 4 minutes. Réserver.

Mélanger la ricotta et le miel. Tartiner les croûtons de pain avec ce mélange, décorer avec 2 moitiés d’abricot grillées et saupoudrer chaque tartine de noisettes grillées.

ricotta and apricot tartines (print)

recipe inspired by  joy the baker

1/2 baguette

cooking spray

6 apricots, halved and pits removed

raw sugar, to taste

1/3 cup fresh ricotta

1 tablespoon honey

1 handful of hazelnuts, chopped and roasted

Preheat the oven at broil and light up the barbecue.

Slice the baguette in six croutons. Apply some cooking spray on each side of the croutons. Grill on the barbecue for 1 to 2 minutes on each side. Set aside.

Cover a cooking sheet with parchment paper. Put the apricots on the  cooking sheet and sprinkle with raw sugar. Roast in the oven until the apricots are golden brown, approximately 4 minutes. Set aside.

Blend the ricotta and honey together. Spread the mixture on the croutons, top with 2 apricot halves and sprinkle with roasted hazelnut.

Flexitarian snacking routine

Since I went flexitarian, I find myself eating all the time : life is good! Strangely, I can’t say that I am overeating, I’m just snacking every two hours or so.

I get up early every single morning, always before 6 on weekdays, sometimes as early as 5 ever since this blogging thing has been going on. I gulp down a huge breakfast : a smoothie with fruits, fruit juice, vegan milk and silken tofu, and a slice of toasted whole wheat bread with some kind of nut butter, or a slice of homemade bread, such as this one. At 9:30 sharp, I eat a few pepitas and almonds that I sometimes pair with some dried cranberries or a fresh fruit. Then, at 10:35, I either have lunch (if I plan to go out for a short run at lunch hour) or I eat a homemade snack : it can be a healthy cookie, a raspberry muffin or a thick slice of banana bread, whatever has been baking in the oven over the weekend. Then, at 1, I go out for a run with my running buddies or I have lunch, if I didn’t have it already. After the run, if I did run, I drinks lots of water and eat fresh fruits.

At this point, my energy level might drastically drop down. A headache might even come around for a short visit. Life isn’t that good anymore.

I guess I always should have a hearthier post-run snack on hand.

I guess I should bake these awesome bars all the time : they’re delicious, nutty, tangy and chocolaty, not to mention full of healthy carbs and proteins. They’re even healthier if you skip the chocolate : but why would anyone want to do that for god’s sake?

apricot power bars (print)

recipe taken from elana’s pantry

(10 servings)

1 cup dried apricots

2 cups pecans

2 eggs

1/4 teaspoon salt

1 tablespoon vanilla extract

1/2 cup chocolate chips (optional)

Preheat oven at 350 and coat a square 8 x 8 baking dish with cooking spray. Place apricots and pecans in a food processor and pulse until the texture of coarse gravel. Pulse in eggs, salt and vanilla, until mixture forms a ball. Remove mixture from food processor and work in chocolate chips. Place mixture in the baking dish. Bake for 25 minutes.

nutrition facts : 218 calories; 19 g fat; 2.7 g dietary fibers; 6.8 g sugars; 4 g protein

barres énergisantes à l’abricot (imprimer)

recette tirée de elana’s pantry

(10 portions)

1 tasse d’abricots séchés

2 tasses de pacanes

2 œufs

1/4 c. à thé de sel

1 c. à soupe d’extrait de vanille

1/2 tasse de brisures de chocolat (facultatif)

Préchauffer le four à 350. Vaporiser un moule carré (8 x 8) d’enduit à cuisson. Mettre les abricots et les pacanes dans un robot culinaire et broyer jusqu’à l’obtention d’une espèce de chapelure épaisse. Ajouter les œufs, le sel et la vanille, et activer le robot jusqu’à la formation d’une boule. Mettre la préparation dans un bol et incorporer les brisures de chocolat. Verser la préparation dans le moule et cuire 25 minutes.

valeur nutritive : 218 calories;  19 g de lipides; 2,7 g de fibres; 6,8 g de sucres; 4 g de protéines

Une faim à raconter

L’histoire de ma faim n’a rien de spécial. Elle est banale, ordinaire, prévisible, mais elle est mienne, elle m’habite et je me la raconte de l’éveil au coucher.

Dans ce blogue, je décortiquerai ma faim et partagerai son histoire avec ceux qui veulent bien la lire ou, mieux encore, la goûter.

Une première recette pour donner le ton à la biographie de ma faim.

Cinq minutes. Des amandes et des graines : citrouille, tournesol, sésame. Un peu de sirop d’érable. Le tour est joué. C’est une chance parce que le petit roi vient de se mettre à hurler (ça doit être un morceau de casse-tête qui refuse de coopérer) et que le prince de perse ne trouve pas de bas propres (ils doivent être bien cachés juste devant ses yeux).

La recette originale s’appelle nutty topping. J’ai traduit par graines pralinées à l’érable.

Il y a beaucoup de plaisir dans ces graines. Ça se mange avec les doigts ou à la cuillère, pour déjeuner ou en collation. Personnellement, je les préfère avec de la compote de cerises et du yogourt nature, c’est plus joli. Et moins cochon. Je les conserve dans un pot hermétique sur le comptoir pendant un jour ou deux, trois ou quatre si ma faim me laisse tranquille.

Bon appétit!

graines pralinées à l’érable (imprimer)

recette adaptée de shutterbean

(12 portions)

1/2 tasse d’amandes effilées

1/2 tasse de graines de citrouille

1/2 tasse de graines de tournesol

2 c. à table de graines de sésame

1/2 tasse de germe de blé

1 pincée de sel

1/3 tasse de sirop d’érable

Dans une casserole, griller les amandes et les graines de citrouille en remuant pendant 1 minute à feu moyen-élevé. Ajouter les graines de tournesol et griller en remuant pendant 1 minute. Ajouter les graines de sésame, couvrir et griller en secouant la casserole pendant 30 secondes. Transférer la préparation dans un bol. Ajouter le germe de blé, le sel et le sirop d’érable. Mélanger.

valeur nutritive par 27 g : 115 calories; 6,9 g de lipides; 1,8 g de fibres; 5,8 g de sucres; 4,3 g de protéines

nutty topping (print)

recipe adapted from shutterbean

(12 servings)

1/2 cup sliced almonds

1/2 cup pumpkin seeds

1/2 cup sunflower seeds

2 tablespoons sesame seeds

1/2 cup wheat germ

1 pinch of salt

1/3 cup maple syrup

In a large pan, toast the almonds and pumpkin seeds over medium-high heat, stirring, for about 1 minute. Add the sunflower seeds and cook, stirring, for 1 minute. Add the sesame seeds to the pan. Cover and cook, shaking the pan, about 30 seconds. Transfer the seed preparation to a bowl. Add the wheat germ, salt and maple syrup. Stir.

nutrition facts per 27 g : 115 calories; 6.9 g fat; 1.8 g dietary fibers; 5.8 g sugars; 4.3 g protein