Ma matière grise se fait vieille. Si je ne la secours pas, si je ne la secoue pas, elle risque de s’encrasser, de se figer, de me faire faux-bond.
Je pourrais me procurer le programme neuroactive : entraînement → cerveau complet pour la modique somme de 99 $, mais je préfère improviser pour la modique somme de rien du tout. Comment sortir de ma zone de confort intellectuelle? Comment stimuler de nouvelles connexions neuronales dans mon cerveau en manque d’activité?
Eurêka! Je vais creuser profondément mes méninges endormies et faire un palmarès des plaisirs d’hiver!
10. Dormir dans un iglou
Dévorer la chair crue d’une baleine que j’aurais moi-même chassée et dépecée. Contempler l’étoile Polaire et la toucher presque du doigt. Écouter avec passion de fabuleuses légendes inuites en langue inuite auxquelles je ne comprendrais absolument rien. Dormir à poings fermés dans un iglou sous des peaux de caribou entre le prince de perse et le petit roi. Quel plaisir (imaginaire)!
9. Aller à la pêche aux petits poissons des cheneaux
J’ai le don de rêver mes rêves des années durant sans jamais les réaliser. Ce plaisir projeté s’anime derrière mes paupières sous la forme d’une pub télé des années 80 dont je suis l’héroïne.
C’est décidé! À bat la procrastination! Avant les 18 ans du petit roi, nous irons pêcher des poulamons dans une petite cabane sur un cours d’eau quelconque. Nous nous amuserons comme des petits fous à attendre que ça morde. Nous en conserverons des souvenirs impérissables que nous nous remémorerons sur notre lit de mort.
8. Se déplacer dans une voiture munie de sièges chauffants
On se fait covoiturer par un ami pour aller je ne sais où, je ne sais quand. On va d’un point A à un point B. On ne s’attend à rien.
Puis, on se fait offrir un siège chauffant. On se calme, on se retient, on fait comme si de rien était. Il ne faudrait surtout pas laisser transparaître notre état de surexcitation devant cette technologie postmoderne. On émet un marmonnement rauque qui ressemble à un oui en regardant vaguement par la fenêtre. Et puis on savoure, on frisonne de joie au fur et à mesure que le muscle piriforme s’approche de l’incandescence, on voudrait que ça ne finisse jamais, on voudrait rouler jusqu’à Tombouctou. On finit par descendre quelques coins de rue plus tard, mais l’hiver en aura valut la peine.
7. Courir dans la tempête
Je ne déteste pas courir. Je cours un peu pour le plaisir, beaucoup pour le prestige. Je cours aussi pour ma santé, pour repousser ma date de péremption. Courir dans la tempête est un peu féérique, quasiment magique, je l’avoue. L’air doux caresse les poumons, la lumière enchante et les gros flocons ne demandent qu’à être avalés.
6. Manger de la crème glacée
C’est jeudi. Il fait froid. Il fait fret. On gèle. Il fait -22. Il fait -40 avec le facteur vent. Mais c’est jeudi. Il faut aller faire l’épicerie.
Habiller le petit roi, réchauffer le moteur, poser les mains sur le volant surgelé.
Déambuler les allées du supermarché, attraper tout ce qu’il y a sur la liste, traîner un peu pour se réchauffer pour la peine.
Apercevoir le pot de häagen dazs au café. Presque 7 $. Oui, je le veux.
Rentrer en vitesse, coucher le petit roi, sentir que le moment tant attendu est venu.
C’est du masochisme. Et vlan dans les dents que je lui dis au facteur vent, je suis invincible, 1 à 0 pour moi. Mon corps entre dans une légère hypothermie. Tant qu’il y a de la matière première, le plaisir dure. Quand le pot se vide, la souffrance commence. Le froid se venge et m’envahit tout à fait. Je monte le chauffage, je mets un chandail, une tuque, un foulard. Je me frotte frénétiquement les mains et les pieds. En vain. C’est la guerre froide jusqu’à ce que le sommeil m’emporte.
5. S’emmitoufler dans une couverture
Selon antidote rx, s’emmitoufler signifie s’envelopper douillettement. J’adore!
Deux choix de couverture : la carreautée brune, cadeau de maman, avec une vieille brûlure de cigarette dessus, ou la snuggie bleue, grâce à laquelle mes membres supérieurs acquièrent une liberté de mouvement inestimable.
Trois choix de compagnie : m’emmitoufler avec le prince de perse, m’emmitoufler avec le petit roi ou m’emmitoufler seule.
Toutes les combinaisons sont intéressantes à leur façon et incluent souvent une télé allumée, un livre ouvert ou une douce somnolence diurne.
S’emmitoufler ainsi nécessite toutefois un peu de préparation. Il faut se ravitailler (café, pretzels, à vous de choisir) et faire une pause-pipi avant car, une fois sous la couverture, c’est tellement bon qu’on ne veut plus en sortir.
4. Regarder une série américaine en rafale
J’ai à mon actif twin peaks, six feet under, mad men, 24 et dexter, bien entendu.
Je pense même avoir regardé une saison de 24 en 24 heures. Mais ça, c’était à l’époque où le petit roi n’était qu’un fantasme.
Regarder une série en rafale, c’est vivre la vie qu’on ne vivra jamais. On en sort épuisé, en deuil, mais inspiré et réchauffé.
3. S’émerveiller devant le petit roi qui s’émerveille
(le petit roi prend une voix émerveillée)
- Maman, la neige. Maman, la glace. Maman, une dépanneuse. Maman, un bonhomme de neige. Maman, une branche. Maman, un rocher. Maman, une cheminée.
(la maman s’en fiche complètement, mais elle est folle finie de son petit roi qui apprend la vie, alors elle prend elle aussi une voix faussement émerveillée)
- Mais oui, c’est la neige, c’est extraordinaire! Mais oui, c’est la glace, c’est magnifique, n’est-ce pas? Mais oui, c’est une dépanneuse, elle est jaune et bleue. Mais oui, c’est un bonhomme de neige, il va fondre au printemps, tu le savais ça? Mais oui, c’est une branche, comme elle est jolie! Mais oui, c’est un rocher, wow! Mais oui, c’est une cheminée, regarde la merveilleuse fumée qui en sort.
2. Faire des anges dans la neige
Laisser sa trace dans la neige, laisser sa trace dans l’histoire.
Faire des anges pour l’humanité, pour son cœur d’enfant, pour la postérité.
Faire des anges pour oublier une peine, pour effacer un chagrin, pour se dire qu’on a la vie devant soi.
1. Boire du chocolat chaud sur le balcon

C’est le nec plus ultra de l’hiver. C’est sucré et chocolaté. On a les mains gelées, mais le cœur au chaud!
Vive l’hiver!
chocolat chaud végétalien (imprimer)
(4 portions)
3 tasses de lait de soya à la vanille
2 barres de chocolat aero 70% de cacao
Chauffer le lait à feu doux dans une casserole en fouettant constamment. Faire fondre le chocolat au bain-marie. Incorporer le chocolat fondu au lait. Fouetter jusqu’à l’obtention d’un chocolat bien chaud et homogène.
valeur nutritive : 187 calories; 8,9 g de lipides; 1,5 g de fibres; 16,1 g de sucres; 6,1 g de protéines
vegan hot chocolate (print)
(4 servings)
3 cups vanilla soymilk
2 aero cocoa 70% chocolate bars
Heat the milk in a saucepan over low heat. Whisk constantly. Melt the chocolate in a double-boiler. Add the melted chocolate to the milk. Whisk until hot and homogeneous.
nutrition facts : 187 calories; 8.9 g fat; 1.5 g dietary fibers; 16.1 g sugars; 6.1 g protein