Au bord de la piscine

Nous sommes au bord de la piscine.

C’est une piscine ronde.

Une piscine de banlieue.

Une piscine de classe moyenne.

Le ciel est bleu, le soleil brûle, le prince de perse brille par son absence.

Les enfants crient, le gazon pousse, le filtreur fredonne, les beautés désespèrent, le poirier se meurt.

Au bord de la piscine, tout peut arriver.

Un coup de soleil, une crampe dans le mollet, une crise cardiaque, un oiseau mort noyé, un hot-dog brûlé.

Un premier baiser, un fou rire, un amour fou naissant, une naissance, un hamburger juteux et délicieux.

Au bord de la piscine, il y a une femme postdatée en maillot rayé blanc et marine dans le sens de la largeur.

Au bord de la piscine, il y a un poirier qui se meurt.

La femme au maillot dévisage longuement le poirier qui se meurt devant ses yeux, là, au bord de la piscine au bord de laquelle tout peut arriver. La femme au maillot voudrait bien signer une pétition pour interdire la mort des poiriers.

La femme au maillot qui ne sait plus vraiment nager ferme les yeux et plonge dans sa piscine hors terre imaginaire à l’ombre de son poirier mal en point. Dans la profondeur de sa piscine intérieure, elle ouvre les yeux et n’y voit que du bleu. Du bleu ciel sans nuages. La solution au problème des poiriers mourants n’est pas ici.

La femme au maillot s’attarde un peu dans le bleu.

La femme au maillot refait surface, les yeux grand ouverts.

La femme au maillot est hors d’elle. Elle crie au poirier qu’il ne fallait pas mettre tant de vodka dans sa limonade. Elle crie qu’elle voudrait bien le sauver malgré tout. Elle crie que personne ne la signera, cette foutue pétition.

La femme au maillot est hors d’haleine. Elle attend un signe du poirier. Elle attend un signe de vie.

Le poirier froid et mourant est impassible, inébranlé.

La femme au maillot plonge le regard dans le bleu piscine du ciel, s’agrippe au soleil brûlant et boit les dernières gouttes de sa limonade.

limonade à la fraise, au concombre et au basilic pourpre (imprimer)

3 tasses d’eau

1/2 à 1 tasse de miel

2 tasses de fraises

1 tasse de concombre, en dés

jus de 5 citrons

1 grosse poignée de basilic pourpre

Mélanger l’eau et le miel et chauffer à feu doux jusqu’à ce que le miel soit complètement dissout. Réduire les fraises et les dés de concombre en purée à l’aide d’un robot, passer au tamis et ajouter au mélanger d’eau et de miel. Ajouter le jus de citron et réfrigérer complètement. Servir avec des feuilles de basilic pourpre découpées fin.

strawberry cucumber and purple basil lemonade (print)

3 cups water

1/2 to 1 cup honey

2 cups strawberries

1 cup cucumber, diced

juice of 5 lemons

1 handful purple basil

Heat up the water and the honey in a small saucepan until the honey is completely dissolved. Puree the strawberries and the diced cucumber in the food processor, strain and add to the mix of water and honey. Add the lemon juice and let the lemonade cool down completely in the refrigerator. Serve with finely chopped purple basil.

Ready to conquer

Today is PMS day…I mean FMP day.

Alissa, from big eats…tiny kitchen (by the way, I think her AMAZING blog is the next big thing), has chosen this week’s recipe : five quick salsas for chips, dips, and other stuff. You’ll find Bittman’s original recipe in Alissa’s post. If you want some salsa inspiration, check out FMP members’ creations.

But I won’t be making salsa.

I can’t make salsa.

Because I’d have to buy tortilla chips.

And then I’d have to eat the whole bag.

And then I’d have to feel starchy and bloated.

Of course, I’d feel satisfied and happily sleepy from all that endorphin running through my veins, but I’d spend all night dreaming of a morbidly obese long-hair brunette swallowing down tons of deliciously greasy bacon…

So I made a simple green apple-cucumber smoothie.

And it turned out freakin’ delicious.

And I drank the whole recipe.

And I felt energized, happy and ready to conquer.

Cheers!

green apple-cucumber smoothie (print)

recipe inspired by mark bittman

(2 servings)

1/2 cup frozen english cucumber (seeded and roughly peeled) chunks

1 cored, peeled, roughly chopped and frozen green apple

1 banana

1 1/2 cup soy milk

squeeze of lemon

fresh mint leaves, to taste

Drop all of the ingredients in a food processor and blend until silky smooth.

nutrition facts : 203 calories; 3.6 g fat; 4.9 g dietary fibers; 24.4 g sugars; 7.1 g protein

smoothie à la pomme verte et au concombre (imprimer)

recette inspirée par mark bittman

(2 portions)

1/2 tasse de cubes de concombre (épépiné et grossièrement pelé), congelés

cubes d’une pomme verte (épépinée et pelée), congelés

1 banane

1 1/2 tasse de lait de soya

un peu de jus de citron

feuilles de menthe, au goût

Mettre tous les ingrédients dans un robot culinaire et pulser jusqu’à l’obtention de la texture désirée.

valeur nutritive : 203 calories;  3,6 g de lipides; 4,9 g de fibres; 24,4 g de sucres; 7,1 g de protéines

Tous tout nus sur la plage

La grisaille frisquette des dernières semaines m’a prise au piège au pied du mur.

Frigorifiée, gourde, transie, je suis. Cherchent une issue de secours, mes yeux fous. Bat la chamade à pas de tortue, mon cœur. S’envole, ma syntaxe.

Pour me sortir de ce guêpier, j’ai d’abord pensé sortir sur mon balcon en pyjama pour exécuter la danse du soleil en beuglant des incantations magiques. Le petit roi aurait sûrement adoré, mais le prince de perse en aurait été mortifié.

Ensuite, j’ai enfilé une mini-jupe en pensant que le dieu soleil voudrait bien me prendre dans son harem. Rien à faire, mes jambes sont passées inaperçues.

Je me suis finalement décidée à tenter l’approche culinaire. J’ai remplacé la mini, la danse et les sortilèges par une offrande destinée à l’été et à son soleil.

Une potion magique pour accueillir avec amitié les rayons ultraviolets. Un élixir de fraîcheur pour tempérer la chaleur. Du sucré et de l’acide pour éconduire les ombres.

Moi, j’ai fait de la limonade. Et vous, que ferez-vous?

Posez un geste pour sortir la belle saison de sa timidité.  Soyez solidaires pour la cause de l’été. Si l’on s’y met tous, nous vaincrons la monotonie météorologique!

Allez, les nanas, en camisole!

Allez, les mecs, sifflements d’encouragement!

Allez, les papis, sortez vos boules!

Allez, les mamies, beurrez-vous épais de crème solaire!

Allez, les gosses, tous tout nus sur la plage et qu’on n’en parle plus!

limonade à la lime, au gingembre et à l’ananas (imprimer)

1 l d’eau

1/3 à 1/2 tasse de miel

10 minces tranches de gingembre frais

zeste d’une lime

jus de 8 limes

1/2 tasse de jus d’ananas

Porter à ébullition l’eau, le miel et le gingembre, et laisser mijoter à feu doux environ 30 minutes. Laisser refroidir complètement.

Passer le mélanger au tamis pour en retirer le gingembre. Ajouter le jus de lime, le zeste et le jus d’ananas. Mélanger.

Déguster avec des glaçons.

ginger and pineapple limade (print)

1 l water

1/3 – 1/2 cup honey

10 thin slices of fresh ginger

zest of 1 lime

juice of 8 limes

1/2 cup pineapple juice.

Bring the water, honey and ginger to a boil. Simmer over low heat for about 30 minutes. Let cool down completely.

Strain the flavored water through a strainer in order to remove the ginger. Add the lime juice, the zest and the pineapple juice. Stir.

Enjoy with ice cubes.

Plaisirs d’hiver

Ma matière grise se fait vieille. Si je ne la secours pas, si je ne la secoue pas, elle risque de s’encrasser, de se figer, de me faire faux-bond.

Je pourrais me procurer le programme neuroactive : entraînement → cerveau complet pour la modique somme de 99 $, mais je préfère improviser pour la modique somme de rien du tout. Comment sortir de ma zone de confort intellectuelle? Comment stimuler de nouvelles connexions neuronales dans mon cerveau en manque d’activité?

Eurêka! Je vais creuser profondément mes méninges endormies et faire un palmarès des plaisirs d’hiver!

10. Dormir dans un iglou

Dévorer la chair crue d’une baleine que j’aurais moi-même chassée et dépecée. Contempler l’étoile Polaire et la toucher presque du doigt. Écouter avec passion de fabuleuses légendes inuites en langue inuite auxquelles je ne comprendrais absolument rien. Dormir à poings fermés dans un iglou sous des peaux de caribou entre le prince de perse et le petit roi. Quel plaisir (imaginaire)!

9. Aller à la pêche aux petits poissons des cheneaux

J’ai le don de rêver mes rêves des années durant sans jamais les réaliser. Ce plaisir projeté s’anime derrière mes paupières sous la forme d’une pub télé des années 80 dont je suis l’héroïne.

C’est décidé! À bat la procrastination! Avant les 18 ans du petit roi, nous irons pêcher des poulamons dans une petite cabane sur un cours d’eau quelconque. Nous nous amuserons comme des petits fous à attendre que ça morde. Nous en conserverons des souvenirs impérissables que nous nous remémorerons sur notre lit de mort.

8. Se déplacer dans une voiture munie de sièges chauffants

On se fait covoiturer par un ami pour aller je ne sais où, je ne sais quand. On va d’un point A à un point B. On ne s’attend à rien.

Puis, on se fait offrir un siège chauffant. On se calme, on se retient, on fait comme si de rien était. Il ne faudrait surtout pas laisser transparaître notre état de surexcitation devant cette technologie postmoderne. On émet un marmonnement rauque qui ressemble à un oui en regardant vaguement par la fenêtre. Et puis on savoure, on frisonne de joie au fur et à mesure que le muscle piriforme s’approche de l’incandescence, on voudrait que ça ne finisse jamais, on voudrait rouler jusqu’à Tombouctou. On finit par descendre quelques coins de rue plus tard, mais l’hiver en aura valut la peine.

7. Courir dans la tempête

Je ne déteste pas courir. Je cours un peu pour le plaisir, beaucoup pour le prestige. Je cours aussi pour ma santé, pour repousser ma date de péremption. Courir dans la tempête est un peu féérique, quasiment magique, je l’avoue. L’air doux caresse les poumons, la lumière enchante et les gros flocons ne demandent qu’à être avalés.

6. Manger de la crème glacée

C’est jeudi. Il fait froid. Il fait fret. On gèle. Il fait -22. Il fait -40 avec le facteur vent. Mais c’est jeudi. Il faut aller faire l’épicerie.

Habiller le petit roi, réchauffer le moteur, poser les mains sur le volant surgelé.

Déambuler les allées du supermarché, attraper tout ce qu’il y a sur la liste, traîner un peu pour se réchauffer pour la peine.

Apercevoir le pot de häagen dazs au café. Presque 7 $. Oui, je le veux.

Rentrer en vitesse, coucher le petit roi, sentir que le moment tant attendu est venu.

C’est du masochisme. Et vlan dans les dents que je lui dis au facteur vent, je suis invincible, 1 à 0 pour moi. Mon corps entre dans une légère hypothermie. Tant qu’il y a de la matière première, le plaisir dure. Quand le pot se vide, la souffrance commence. Le froid se venge et m’envahit tout à fait. Je monte le chauffage, je mets un chandail, une tuque, un foulard. Je me frotte frénétiquement les mains et les pieds. En vain. C’est la guerre froide jusqu’à ce que le sommeil m’emporte.

5. S’emmitoufler dans une couverture

Selon antidote rx, s’emmitoufler signifie s’envelopper douillettement. J’adore!

Deux choix de couverture : la carreautée brune, cadeau de maman, avec une vieille brûlure de cigarette dessus, ou la snuggie bleue, grâce à laquelle mes membres supérieurs acquièrent une liberté de mouvement inestimable.

Trois choix de compagnie : m’emmitoufler avec le prince de perse, m’emmitoufler avec le petit roi ou m’emmitoufler seule.

Toutes les combinaisons sont intéressantes à leur façon et incluent souvent une télé allumée, un livre ouvert ou une douce somnolence diurne.

S’emmitoufler ainsi nécessite toutefois un peu de préparation. Il faut se ravitailler (café, pretzels, à vous de choisir) et faire une pause-pipi avant car, une fois sous la couverture, c’est tellement bon qu’on ne veut plus en sortir.

4. Regarder une série américaine en rafale

J’ai à mon actif twin peaks, six feet under, mad men, 24 et dexter, bien entendu.

Je pense même avoir regardé une saison de 24 en 24 heures. Mais ça, c’était à l’époque où le petit roi n’était qu’un fantasme.

Regarder une série en rafale, c’est vivre la vie qu’on ne vivra jamais. On en sort épuisé, en deuil, mais inspiré et réchauffé.

3. S’émerveiller devant le petit roi qui s’émerveille

(le petit roi prend une voix émerveillée)

- Maman, la neige. Maman, la glace. Maman, une dépanneuse. Maman, un bonhomme de neige. Maman, une branche. Maman, un rocher. Maman, une cheminée.

(la maman s’en fiche complètement, mais elle est folle finie de son petit roi qui apprend la vie, alors elle prend elle aussi une voix faussement émerveillée)

- Mais oui, c’est la neige, c’est extraordinaire! Mais oui, c’est la glace, c’est magnifique, n’est-ce pas? Mais oui, c’est une dépanneuse, elle est jaune et bleue. Mais oui, c’est un bonhomme de neige, il va fondre au printemps, tu le savais ça? Mais oui, c’est une branche, comme elle est jolie! Mais oui, c’est un rocher, wow! Mais oui, c’est une cheminée, regarde la merveilleuse fumée qui en sort.

2. Faire des anges dans la neige

Laisser sa trace dans la neige, laisser sa trace dans l’histoire.

Faire des anges pour l’humanité, pour son cœur d’enfant, pour la postérité.

Faire des anges pour oublier une peine, pour effacer un chagrin, pour se dire qu’on a la vie devant soi.

1. Boire du chocolat chaud sur le balcon

C’est le nec plus ultra de l’hiver. C’est sucré et chocolaté. On a les mains gelées, mais le cœur au chaud!

Vive l’hiver!

chocolat chaud végétalien (imprimer)

(4 portions)

3 tasses de lait de soya à la vanille

2 barres de chocolat aero 70% de cacao

Chauffer le lait à feu doux dans une casserole en fouettant constamment. Faire fondre le chocolat au bain-marie. Incorporer le chocolat fondu au lait. Fouetter jusqu’à l’obtention d’un chocolat bien chaud et homogène.

valeur nutritive : 187 calories;  8,9 g de lipides; 1,5 g de fibres; 16,1 g de sucres; 6,1 g de protéines

vegan hot chocolate (print)

(4 servings)

3 cups vanilla soymilk

2 aero cocoa 70% chocolate bars

Heat the milk in a saucepan over low heat. Whisk constantly. Melt the chocolate in a double-boiler. Add the melted chocolate to the milk. Whisk until hot and homogeneous.

nutrition facts : 187 calories; 8.9 g fat; 1.5 g dietary fibers; 16.1 g sugars; 6.1 g protein

Miami dreamin’ (part I)

I’ve been Miami dreamin’ big time lately.

Mickey and Minnie.

The sun, the sand, the sea.

The palmtrees, the alligators.

The cuban pork sandwiches, the daily murders.

Yeah, I’ve been watching all six seasons of Dexter through out that sick cold month of January, voluntarily depriving myself of much needed sleep, willingly gaining a few meaningless pounds (because tv rhymes with compulsive eating, right?), shamelessly letting the dishes pile up on my kitchen counter.

Let’s pretend, ok? Let’s pretend I can save up enough money for a plane ticket and a cheap motel room. Let’s say I take a week off work (my imaginary doctor says I suffer from seasonal depression). Let’s say the prince of persia and the little king can survive without me for a whole week. Let’s imagine I land at Miami’s airport. What then?

Then I run down to the Miami Metro Police station and take Deb out to lunch. We sit down together in the Miami sun, have a cuban pork sandwich and a margarita, and immediatly become BFF. I tell her that I’m so sorry about Frank, that they had the most beautiful love story. I tell her that I quit teaching to get into the police academy and ask for some pointers on solving homicides. And then Agent Batista walks by and gives me one of his “oh, woman, you’re so beautiful” looks. Afterwards, Dexter joins us. I get starstrucked, shut up and listen to Deb and Dex talk about a new case while taking notes, for that new career of mine, you know.

I can only pretend for so long. Something always pulls me back to reality : the sound of the tow truck waking me up in the night, the endless wiping of the little king’s runny nose, the itching of my wintery dry toad skin. I crave heat. I crave the sun. I want to eat the sun. I want to lick, bite, chew and swallow the sun. I got a better idea : let’s drink the sun!

I’ve been Miami dreamin’, but I’ll settle for any tropical country where winter is an abstract concept. So I took some orange juice made out of pure Miami oranges, half a Columbian banana (after a few weeks in the jungle, I’ll make detective in no time), some frozen Peruvian mango and some pineapple juice made in Canada (I bet you didn’t know we had pineapple trees down here in Canada! Let me tell you that the pineapple on my kitchen counter actually comes from the province of Costa Rica.), and I concocted a sunny, dreamy, slightly tangy smoothie.

Next, I painted my left hand nails (meanwhile forgetting that I’m right-handed and can barely hold a glass with my left hand), went out on the balcony at -22, did what I’d call an extreme photoshoot, and froze to death. God I hate winter!

tropical fruit smoothie (print)

recipe inspired by Dexter and seasonal depression

(1 serving)

1/2 banana

1/2 cup frozen mango chunks

1/2 cup pineapple juice

1/4 cup orange juice

85 g soft tofu (1/4 package)

Blend all the ingredients using a food processor, a blender or an hand blender.

nutrition facts : 252 calories; 3.8 g fat; 3.6 g dietary fibers; 37.7 g sugars; 7.5 g protein

smoothie aux fruits tropicaux (imprimer)

recette inspirée de Dexter et de la dépression saisonnière

(1 portion)

1/2 banane

1/2 tasse de morceaux de mangue congelée

1/2 tasse de jus d’ananas

1/4 tasse de jus d’orange

85 g de tofu soyeux (1/4 de paquet)

Mélanger tous les ingrédients à l’aide d’un robot culinaire, d’un mélangeur ou d’un mélangeur à main.

valeur nutritive : 252 calories; 3,8 g de lipides; 3,6 g de fibres; 37,7 g de sucres; 7,5 g de protéines