Postcrépuscule

Imaginez-moi. Moi, l’autobiographe amateure en herbe qui mange.

Imaginez-moi avec ma trentaine postvingtaine et ma bedaine post-partum.

Imaginez-moi avec mon petit corps et mes jambes blanches.

Imaginez-moi avec un maillot rayé blanc et marine dans le sens de la largeur.

Ne vous esclaffez pas trop fort, vous allez réveiller les morts!

Telle que moi, j’étais, hier soir, au crépuscule.

Franchement telle quelle, j’étais, à la tombée d’un dimanche gaiement indolent.

Au bord d’une pataugeoire quasi déserte, je me suis couchée, dos au ciel et à plat ventre, sur un gentil bloc de béton qui semblait nous attendre, moi et ma longueur et ma largeur.

J’ai retiré mes lunettes noires et posé l’os anguleux de ma joue gauche contre le ciment. Mon double menton ne rendait pas la position plus confortable. Je devrais m’en réjouir, sans doute.

C’était somme toute plutôt douillet, cette détente improvisée. À bien y penser, ça ne devait pas être douillet du tout. Si le béton était douillet, ça se saurait.

Mais j’étais là à être tout ce que je suis et veux être, maman et urbaine et moderne et dotée d’une féminité absurde et assumée. J’étais là à me fantasmer et à me dire que la vie en valait parfois bien la peine. Dans ces cas-là, on se sent douillet où que l’on soit.

Bref, sur ce bloc de béton à ma mesure, l’os de la joue gauche rivalisant de dureté avec le ciment du bloc, le cou hyper-tendu parce qu’il aurait franchement préféré que je pose la joue droite sur le bloc de béton, celui-là, j’ai fermé les yeux.

J’avais le visage dans le soleil et c’était bon et chaud.

J’entendais les cris de crocodile du petit roi et mon cœur s’enflammait.

Puis, mon sens de la vue a repris le dessus et j’ai vu rouge. C’était le soleil couchant qui se faisait voir à travers mes paupières. C’était le soleil qui éclaircissait la noirceur comme il sait si bien le faire.

J’ai vu rouge.

Mais quel rouge?

Rouge amour fou? Non.

Rouge sang hémorragique? Non plus.

Rouge détresse psychologique? Non, pas hier soir.

Rouge sorbet à la fraise? Dans le mille!

sorbet aux deux fraises (imprimer)

(4 portions)

1/2 tasse d’eau

1/2 tasse de sucre

jus de citron

3 tasses débordantes de fraises, équeutées et lavées

Préchauffer le four à 300.

Chauffer doucement à feu doux l’eau et le sucre jusqu’à ce que le sucre soit complètement dissout.

Réduire 2 tasses de fraises et quelques gouttes de jus de citron en purée lisse au robot. Passer au tamis.

Mettre une tasse de fraises sur une plaque tapissée de papier parchemin. Enfourner 30 minutes. Réduire en purée grossière au robot.

Mélanger le sirop simple, les fraises fraîches et les fraises rôties. Mettre au réfrigérateur jusqu’à ce que le mélange soit bien froid, au moins une heure

Passer à la sorbetière selon les instructions du fabricant.

valeur nutritive : 131 calories;  0,3 g de lipides; 2,2 g de fibres; 30,3 g de sucres; 0,7 g de protéines

double strawberry sorbet (print)

(4 servings)

1/2 cup water

1/2 cup sugar

lemon juice

3 heaping cups fresh strawberries, hulled and washed

Preheat oven at 300.

Heat up the water and sugar over low heat until the sugar is completely dissolved.

Pulse 2 cups of strawberries with a squeeze of lemon juice in the food processor and strain to remove the seeds.

Put the remaining cup of strawberries on a baking sheet covered with parchment paper. Roast in the oven for 30 minutes. Lightly mash the roasted strawberries in the food processor.

Blend together the simble syrup, the fresh strawberries and the roasted straberries. Refrigerate until very cold, at least one hour.

Freeze in the ice cream maker according to instructions.

nutrition facts : 131 calories; 0.3 g fat; 2.2 g dietary fibers; 30.3 g sugars; 0.7 g protein

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