Enfant, je méprisais les hot chicken. Pain blanc mouillé et petits pois en conserve? Autant manger de la bouette! Ma culture personnelle en termes de sandwichs chauds se limitait donc aux grilled cheese et aux croque-monsieur (le club sandwich refroidit trop vite pour faire partie de la classe à part des sandwichs chauds).
Le grilled cheese parfait devait être garni de deux tranches de fromage kraft minces, issues du paquet de 24, tartiné épais de beurre, effoiré au maximum et coupé en quatre dans le sens de la diagonale. Quels craquants petits triangles!
Le croque-monsieur idéal devait être préparé par maman. Elle prenait une moelleuse tranche de pain blanc, elle y ajoutait son bon jambon fait maison passé au moulinet et complétait le tout avec du bon fromage au lait qui vient du pays de celui qui l’a fait (c’est-à-dire du cheddar doux bien de chez nous de marque chalifoux). J’imagine qu’elle enfournait ensuite la bête à broil pour quelques minutes et qu’elle me la servait sur un plateau d’argent accompagnée de tranches de concombre saupoudrées de sel et de vinaigre. Combien de fois mon jeune estomac a-t-il digéré avec bonheur ce mets raffiné?!
Les temps ont bien changé. Le grilled cheese s’est chicané avec le fromage kraft et en a profité pour planifier une petite ascension sociale réussie. Le croque-monsieur se tient plutôt tranquille, mais je suis convaincue qu’il guette la porte des grands chefs pour ressortir du placard.
Il y a aussi un nouveau venu tout droit de l’Italie en ville : le panini! Le panini pullule à Montréal. On le rencontre dans les cafés, dans les centres commerciaux, dans les boulangeries, dans les restos bon chic bon genre. On le réinvente à gauche et on le démocratise à droite. Il tient bien dans une main, laissant à l’autre main la liberté de saisir un roman de poche ou de texter un message d’une importance capitale.
Le prince de perse étant friand de paninis et de gadgets, la presse à panini fit son entrée très tôt dans notre cuisine conjugale autrement dégarnie : impossible de trouver un simple fouet dans cette cuisine, mais pourquoi faire une omelette en cassant des œufs quand on peut se griller un panini en toute impunité, dites-moi?
Bref, qu’est-ce qu’une quasi-végétarienne peut bien mettre dans son panini? Du pesto, du chèvre, des légumes grillés ou marinés. Pas mal. Et qu’est qu’une globetrotteuse frustrée préfère retrouver dans son panini? La Sicile. Génial!
Donc, un panini à la caponata. La caponaquoi? La ca-po-na-ta. C’est un ragoût sicilien aigre-doux de légumes contenant à tous les coups des aubergines et du céleri (mes remerciements à wikipédia). Je n’ai jamais goûté l’authentique et j’avoue que je n’y tiens pas (y tenir me ferait cruellement souffrir). La version mondialisée et paninisée suffit amplement à combler mes besoins d’exotisme et de sandwichs chauds. Je raffole aussi des restants de caponata avec un œuf miroir et du pain de plus ou moins bonne qualité, selon l’humeur du portefeuille. Je rêve aussi d’accompagner un jour le doux ragoût de polenta, rêve plus réaliste que le voyage en Sicile ou que la soirée en amoureux dans un restaurant italien.
panini à la caponata (imprimer)
recette adaptée de everyday italian
1/4 tasse d’huile d’olive
1 branche de céleri, coupée en dés
2 aubergines italiennes (ou une aubergine de taille moyenne), coupées en dés
1 poivron rouge, coupé en dés
1 oignon, haché
1 boîte de 14 oz de tomates en dés
3 c. à table de raisins secs
1/2 c. à thé d’origan séché
1/4 tasse de vinaigre de vin rouge
2 c. à thé de sucre
1 c. à table de câpres égouttées
sel
poivre
pain ciabatta ou autre
fromage provolone en tranches
Chauffer l’huile dans un gros poêlon à feu moyen. Faites revenir le céleri dans l’huile environ 2 minutes. Ajouter l’aubergine et faites revenir environ 2 minutes. Ajouter le poivron rouge et faites revenir environ 5 minutes. Ajouter l’oignon et faites revenir jusqu’à ce qu’il soit translucide, environ 3 minutes. Ajouter les tomates en dés et leur jus, les raisins secs et l’origan. Laisser mijoter environ 20 minutes à feu moyen-doux en remuant à l’occasion. Ajouter le vinaigre, le sucre et les câpres. Saler et poivrer légèrement à chaque étape de la cuisson. Réajuster l’assaisonnement à la fin.
Pour monter un sandwich, trancher un ciabatta en 2. Enlever un peu de mie dans la moitié du dessous. Garnir généreusement de caponata. Couvrir de 2 tranches de provolone. Refermer avec la moitié du haut et presser le temps qu’il faudra. Répéter la procédure autant de fois que les convives en redemandent.
valeur nutritive pour 1/6 de la recette de caponata : 148 calories; 9,3 g de lipides; 4,8 g de fibres; 9,8 g de sucres; 2 g de protéines
caponata panini (print)
recipe adapted from everyday italian
1/4 cup olive oil
1 celery stalk, diced
2 italian eggplant (or 1 medium eggplant), diced
1 red bell pepper, diced
1 medium onion, chopped
1 (14 ounce) can diced tomatoes
3 tablespoons raisins
1/2 teaspoon dried oregano
1/4 cup red wine vinegar
2 teaspoons sugar
1 tablespoon drained capers
salt
pepper
cibatta bread
sliced provolone cheese
Heat the oil in a large skillet over medium heat. Add the celery and saute about 2 minutes. Add the eggplant and saute about 2 minutes. Add the red pepper and cook about 5 minutes. Add the onion and saute until translucent, about 3 minutes. Add the diced tomatoes with their juice, raisins, and oregano. Simmer over medium-low heat until the flavors blend and the mixture thickens, stirring often, about 20 minutes. Add the vinegar, sugar, and capers. Season lightly with salt and pepper all through out the cooking process. Adjust seasoning at the end.
To make a sandwich, cut a ciabatta in half. Remove a little dough from the bottom part of the bread. Generously fill up with caponata. Top with 2 slices of provolone. Cover with the other bread half and press for as long as it will take. Repeat the procedure as long as your guests keep on asking for it.
nutrition facts for 1/6 of the caponata recipe : 148 calories; 9.3 g fat; 4.8 g dietary fibers; 9.8 g sugars; 2 g protein
